Bernard Bloch

Je suis né en 1949 à Mulhouse (Haut-Rhin). Après des études de mathématiques à Strasbourg (licence de mathématiques pures) et une « longue carrière » de comédien amateur au conservatoire municipal et au Théâtre de poche de Mulhouse, je décide à l’âge de 21 ans, au grand dam de mes parents, d’arrêter mes études pour faire du théâtre une de mes raisons de vivre.

Bernard Bloch

Fondateur de compagnies

Metteur en scène, comédien, traducteur (anglais et allemand) et auteur, j’ai fondé ou co-fondé cinq troupes de théâtre depuis 1971. Ma carrière se confond avec la belle histoire des compagnies indépendantes dont la richesse fait la singularité et la pertinence de notre paysage théâtral.

Le Théâtre de la Reprise

Mon premier spectacle professionnel date de 1970 : Les prisonniers de la baie des cochons de H.M. Enzensberger sera mis en scène par Gaston Jung et me permettra de rencontrer trois des personnalités marquantes du théâtre d’art et de politique des années 70/80 : Robert Gironès, Jean-Paul Wenzel et Jean-louis Hourdin, avec lesquels je fonde Le Théâtre de la Reprise auquel Denis Guénoun, ami de jeunesse et camarade de pensée, viendra s’adjoindre comme dramaturge et co-metteur en scène. Notre premier spectacle Playa Giron 71 a marqué le festival d’Avignon cette année-là.

L’Attroupement

Quatre ans plus tard, en 1975, c’est avec Denis Guénoun et Patrick Le Mauff que je fonde à Strasbourg, L’Attroupement, une compagnie qui, parallèlement au travail de Jean-Pierre Vincent à la tête du TNS, a profondément marqué la vie théâtrale de la fin des années 70. L’Attroupement fut pour moi une expérience déterminante sur le plan artistique et humain. C’est là que j’ai appris toutes les facettes de mon métier, c’est à l’Attroupement que se sont posées les questions qui sont au fondement même de la légitimité du service public et qui continuent à être au centre de mes préoccupations. Mais, au bout de trois années de vie communautaire d’une intensité et d’une exigence parfois surhumaines, je quitte la compagnie.

Le Scarface Ensemble 

Quand l’Attroupement s’installe à Lyon en 1978, je décide de rester en Alsace pour fonder avec Elizabeth Marie et Ismaïl Safwan Le Scarface Ensemble. Notre premier spectacle Nous irons tous à Cappella connaîtra un succès qui lui assurera une belle carrière (3 ans d’exploitation). Fondé à Strasbourg en 1979, subventionné dès 1982 par le ministère de la culture, Le Scarface Ensemble s’installera à Mulhouse en 1985. Nous y créerons 12 spectacles jusqu’en 1993 et y mènerons une passionnante expérience d’implantation dans une ville réputée difficile. Ville où le Front national réalisait au début des années 90, des scores atteignant 37 % des votants ! ! ! Déçu par les archaïsmes de l’élite locale et attiré par le bouillonnement intellectuel et artistique de Paris et de sa banlieue, je quitte le Scarface ensemble et l’Alsace, pour m’installer en 1993 en région parisienne.

Le Réseau (théâtre) et (CAP)*

C’est en 1996 que je fonde Le Réseau (théâtre), compagnie que je dirige encore actuellement et qui est implantée à Montreuil (Seine-Saint-Denis) depuis 1999. Conventionnée par la Drac Ile de France depuis 1997 et par la région Ile de France depuis 2005, la compagnie aura créé 17 spectacles de 1996 à 2015, que j’ai tous mis en scène.

En 2003 enfin, tout en restant directeur artistique du Réseau (théâtre), je deviens l’un des membres fondateurs de (CAP)*, une coopérative artistique de production réunissant sept artistes de différentes disciplines (théâtre, cinéma, littérature, danse et arts plastiques). (CAP)* partage avec Le Réseau (théâtre) et Le Cartel de Philippe Lanton, l’usage et la charge d’une salle de répétition de 120m2. Cette salle héberge, outre nos répétitions, des ateliers ouverts à la population, des projections de films inédits des cinéastes de la coopérative et diverses présentations publiques (maquettes de spectacle, conférences, séminaires, lectures ou installations d’arts plastiques…).

Depuis 2004, de la création de Lehaïm – à la vie ! d’après Portraits juifs de Herlinde Koelbl, au Chercheur de traces d’après la nouvelle éponyme d’Imre Kertész en passant par Le ciel est vide d’Alain Foix, le travail de la compagnie s’articule autour d’une question que l’on pourrait formuler ainsi : Où est le mal ? Autrement dit qu’est-ce qui fait que le vingtième siècle a produit autant d’abominations alors que les progrès scientifiques et techniques, les avancées de la pensée universelle, l’émancipation morale et politique n’ont jamais été aussi spectaculaires et prometteurs.

Toutes les religions, toutes les convictions, qu’elles soient religieuses ou laïques, – si l’on excepte celles qui se fondent sur l’exclusion de l’autre -, prétendent œuvrer à l’amélioration du genre humain, à la bonification du monde. Comment se fait-il alors que les religions (et les idéologies) soient si souvent, – aujourd’hui plus qu’hier et espérons-le, moins que demain ! – facteurs de haine, de destruction et de malheur ?

Metteur en scène et comédien  

Le théâtre, le cinéma, la télévision

Depuis 40 ans que je prétends être un homme de l’art, j’ai tenu, par goût plus que par nécessité, à mener de front ma carrière de metteur en scène et celle de comédien J’ai ainsi travaillé avec des metteurs en scène aussi prestigieux que Jacques Lassalle, Bernard Sobel, Jean-Pierre Vincent, Matthias Langhoff, Elizabeth Marie, Jean-Paul Wenzel, Jean Lacornerie, Daniel Emilfork, Jean Jourd’heuil,…, ou, plus récemment, avec de jeunes metteurs en scène comme Arnaud Meunier, Agnès Bourgeois, Philippe Lanton ou Vincent Goethals. Cette fréquentation / confrontation intime avec les univers d’autres artistes est l’un des éléments fondateurs de mon travail d’artiste.

Le fait d’avoir également travaillé sous la direction de cinéastes comme Ken Loach, René Féret, Richard Dindo, Yves Boisset, Jeanne Labrune, Marcel Bluwal, John Frankenheimer, Anne Fontaine, Jean-Pierre Limosin ou Jacques Audiard, Thomas Vincent, Edwin Baily, Solveig Anspach ou Philippe Leguay …m’a permis de connaître dans ma chair, cet art dans l’ignorance duquel il est impossible aujourd’hui d’appréhender le monde. Le public auquel tout spectacle se propose est en effet forcément « sous l’influence » (pour ne pas dire sous influence) du langage cinématographique.

Traducteur, adaptateur, auteur : au centre, le texte

J’éprouve envers la littérature, qu’elle soit théâtrale, romanesque ou théorique une attirance et un respect qui sont, avec un souci parfois obsessionnel du bien commun et l’amour de la vie, au fondement de mon inspiration d’artiste citoyen.

Un théâtre de création

Sur les près de 30 spectacles que j’ai montés, les 3/4 sont des mises en scène de textes inédits. Outre Vaterland, le pays de nos pères que j’ai co-écrit avec Jean-Paul Wenzel (et qui a obtenu en 1983 le prix de la critique pour la meilleure création en langue française), j’ai moi-même écrit une dizaine d’adaptations et/ou de traductions dont six ont été publiées chez Actes Sud, à l’Arche ou à Théâtre ouvert. Ces textes sont des traductions d’auteurs étrangers (Fassbinder, Tom Murphy, Martin McDonagh) ou des adaptations de textes non théâtraux, notamment Le prince et le marchand d’après l’Idiot de Dostoïevski, Palabres d’après Le banquet de Platon, Lehaïm-à la vie ! d’après Portraits Juifs de Herlinde Koelbl, Le chercheur de traces d’après Imre Kertész.

Par ailleurs, j’ai souvent commandé des pièces à des auteurs ou monté leurs pièces inédites. Pièces qui ont toutes été montées, souvent éditées et largement représentées. Elizabeth Marie en 1985 et 1986 (Tragédie dans les classes moyennes et Juanito court toujours), Isabelle Rèbre en 1998 (Moi, quelqu’un), Gilles Laubert en 2002 (Départ(s), Frédéric Sounac en 2005 (L’hypothèse Mozart), Alain Foix en 2006 (Le ciel est vide), et tout récemment, à nouveau Isabelle Rèbre en 2015 (Fin) ont ainsi, soit répondu à ma commande, soit m’ont proposé des textes qui m’ont profondément motivé.

Un théâtre politique

Mon théâtre est politique. Il participe de la mise en question poétique du monde, il se donne pour objectif de conduire le public le plus large à s’interroger sur ce qui lui donne du bonheur ou sur ce qui le fait souffrir. Il vise à transmettre aux plus jeunes ce que le passé nous enseigne et ce que l’avenir nous permet de rêver.

Mon théâtre est un Théâtre du réel. Ce qui ne signifie pas qu’il se contente de représenter le réel tel qu’il est, mais qu’au contraire, il propose un regard, une distance, permettant de nous affranchir de ce que notre réalité peut avoir de paralysant et de désespérant.

Mon théâtre est urbain. Après un long parcours professionnel en Alsace, j’ai choisi en 1993 de m’installer dans la région parisienne et d’y inscrire mon travail. Les contradictions, les conflits, auxquels j’y suis confronté sont parfois angoissants, mais ils me conduisent à être sans cesse traversé par ce qui constitue mon souci majeur d’artiste et de citoyen : comment  vivre ensemble ? 

Auteur : mon projet à Jérusalem

Si l’on met à part Vaterland – le pays de nos pères co-écrit avec Jean-Paul Wenzel dans les années 1980, l’essentiel de mon activité d’écriture s’est cantonnée à la traduction de textes anglais ou allemands (j’ai la chance de parler ces deux langues) et à la libre transformation en pièce de théâtre de textes non théâtraux (Romans, Entretiens, Essais). Mais la lecture (tardive, il y a trois ans) de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust a eu sur moi un effet considérable.

Proust convoque le lecteur dans Le temps retrouvé à être le propre auteur du livre qu’il est sur le point de finir de lire. On verra dans la description que vous lirez de mon projet d’écriture à Jérusalem, si j’ai la chance d’être sélectionné par le Centre Romain Gary, à quel point cette injonction de Marcel a été productive pour moi.

 

 

 

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